QUITTER SON EMPLOI POUR LANCER SON ACTIVITÉ
Comment savoir qu'il est temps de quitter son emploi en tant que salarié pour commencer quelque chose d'autre et comment prendre cette décision qui n'est pas toujours simple.
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Quitter son emploi

Quitter son emploi pour lancer son activité: une bonne idée ?

Il n’y a pas très longtemps, je discutais avec mon amie Claire, assistante administrative dans une entreprise bruxelloise, et elle me disait que depuis quelques temps, elle se posait beaucoup de questions quant à son avenir professionnel. Elle travaillait dans la même boîte depuis maintenant 4 ans, elle était assez bien payée, avait de bons horaires et ses collègues, en majorité, étaient sympathiques. Elle ne s’était jamais vraiment interrogée sur son travail jusqu’alors car non seulement elle avait besoin de l’argent pour payer ses factures mais elle se rendait compte également de la chance qu’elle avait d’avoir un travail, la situation n’étant pas aussi simple pour tous ses amis.

Un jour, elle est tombée un peu par hasard (s’il y en a !) sur une annonce qui proposait à de jeunes gens motivés une bourse pour aller enseigner le français dans un collège américain. Elle aiderait le(a) professeur(e) responsable et animerait des cours centrés sur la conversation et la pratique du français.

 

Wow ! C’était l’une des choses qu’elle avait toujours voulu faire en sortant de l’école. Elle y avait pensé plusieurs fois auparavant, elle connaissait une personne qui l’avait fait mais le poste à Bruxelles lui avait été proposé entre temps et elle n’avait depuis jamais repensé à ce projet. Aujourd’hui, elle recommençait à s’interroger. Sa plus grande peur ? Si elle décidait de partir, qu’allait-elle faire à son retour ? Elle n’avait pas beaucoup d’économies, n’avait pas de projet concret pour l' »après USA » et se sentait partagée entre deux idées:

 

  • Je me lance ! La vie est courte et ce projet a toujours été l’un de mes rêves
  • Je sais que mon travail en tant qu’assistante administrative n’est pas le job de ma vie mais c’est une sécurité et j’ai peur de regretter mon choix par la suite

 

Je pense que le cas de Claire est assez commun et que beaucoup de personnes se sont déjà retrouvées un jour ou se retrouvent aujourd’hui dans cette situation de « dilemme ». Cela a été mon cas et c’est pour cette raison que j’ai décidé d’écrire cet article aujourd’hui pour partager avec toi mon expérience.

1. Être attentif/ve à tes pensées et aux mots que tu emploies

Quand on parle de projets de changement de vie avec les autres, on entend souvent « moi aussi, j’adorerais partir à l’étranger, mais…. » ou « un jour, je vais essayer de partir ».

 

Je suis persuadée qu’il y a une énorme différence entre le simple désir de partir et la conviction réelle de vouloir le faire. Claire savait deux choses: elle avait toujours voulu partir travailler à l’étranger et elle savait que son travail actuel n’était pas le travail de ses rêves. Ces deux éléments indiquaient déjà une certitude, une conviction et j’ai l’impression que, dans le cas de Claire, elle savait déjà ce qu’elle voulait vraiment, au fond. Ses autres arguments, basés sur des craintes futures, donnaient plus l’impression d’être des excuses. Je pense que Claire avait surtout besoin d’être rassurée dans son choix.

2. Bien réfléchir à ce qui serait, pour toi, la vie idéale

Souvent, on passe bien plus de temps à organiser la journée des autres, sa liste de courses ou ses vacances que son propre avenir. On ne prend pas le temps de réfléchir, de se poser des questions, de s’interroger. Il existe pourtant un petit exercice simple à réaliser et pour lequel un moment pour soi, un stylo et un papier suffisent. À partir de là, tu peux te laisser aller à la réflexion en te posant, par exemple, les questions suivantes (ou tout ce qui te passe par la tête) par rapport à ta « vie idéale »:

 

  • Comment serait, pour moi, la journée/vie idéale ?
  • Dans quel pays vivrais-je ?
  • À quoi est-ce que je consacrerais mon temps ?
  • Avec qui ?
  • Quel serait mon travail idéal ?

 

Cela peut paraître simpliste, mais ça fonctionne et plus tes pensées seront précises, plus simple sera l’exercice. En mettant par écrit tes aspirations profondes, tu peux alors faire le point en les comparant avec la réalité que tu vis au quotidien:

 

  • Ton travail actuel te permet-il de te rapprocher de cette « vie idéale » ?
  • Et le programme d’enseignement aux USA (dans le cas de Claire) ?
  • Laquelle des deux options te rapprocherait le plus de tes aspirations ?

3. Être patient(e) et expérimenter

Bien entendu, il est très probable que ce simple petit exercice ne t’aide pas beaucoup à déterminer ce que tu souhaites vraiment faire à ce moment de ta vie. Cela peut prendre du temps et c’est tout à fait normal. Rares sont les personnes qui se sont réveillées un beau jour en ayant soudainement découvert leur « passion ». Pour les gens qui, comme Claire et moi, ne savent/savaient pas quoi faire, la meilleure solution est de sortir, d’essayer, d’expérimenter les choses le plus possible.

 

C’est en rencontrant des gens et en faisant un maximum d’expériences que tu pourras trouver, progressivement ou rapidement (mon amie Justine a (re)découvert l’une de ses grandes passions du jour au lendemain lors d’un stage de théâtre!) ce qui te plait, ce qui te fait te sentir bien, ce qui te donne l’impression d’être à ta place. Quand tu établis la liste des activités que tu aimes faire, regarde combien d’entre elles sont réalisables dans ta situation actuelle (Claire, par exemple, au sein de son job d’assistante administrative) et le seraient dans la situation qui s’offre à toi (l’expérience professionnelle aux USA). Qu’est ce que ça donne pour toi?

4. Considérer les autres possibilités et être honnête avec toi-même

Bonne nouvelle, il existe souvent plus d’une façon d’obtenir ce que tu souhaites, encore faut-il être honnête avec soi-même. Si, au fond, tu te rends compte que ce que tu veux avant tout c’est d’enseigner, il n’est peut-être pas nécessaire de partir à l’autre bout du monde pour le faire. Dans un premier temps et si tu n’as jamais travaillé avec une classe, tu peux voir si le travail te plaît en donnant quelques heures de cours pendant ton temps libre ou en proposant des cours particuliers dans une matière que tu maîtrises. Si ton rêve est de partir vivre l’aventure aux USA (mais pas tellement d’enseigner), les options pour s’y rendre à moindre coût sont nombreuses et tu pourras alors organiser un séjour là-bas pour voir si y vivre est vraiment ce que tu souhaites.

Comme tu l'auras compris, il est primordial que tu aimes l'ensemble du projet et pas juste une partie de celui-ci.

5. La vie réserve souvent bien des surprises

Si tu choisis de partir, ça fait peur et tu seras certainement confronté(e) à de nombreux challenges. Mais se dire, avant même d’avoir pris la décision, que tu as peur de l’après est un peu irrationnel. Qui te dit que tu reviendras des USA ? Peut-être que ton contrat sera prolongé ou que tu rencontreras là-bas l’homme ou la femme de ta vie. Et si tu reviens, parfait(e) bilingue, peut-être te verras-tu offrir un job que tu adores et que tu n’aurais jamais pu espérer décrocher avant ton départ ? Les possibilités sont infinies et je pense sincèrement que si, après réflexions, la seule chose qui te retient est la crainte de l' »après », il ne s’agit pas d’une bonne raison.

6. Les meilleures et les pires choses qui pourraient t’arriver

J’aime les listes. Avant de renoncer à la signature de mon nouveau contrat, j’étais paniquée et seule face à la décision à prendre. L’une des choses qui m’a vraiment aidé à me décider a été d’établir une liste des pires et des meilleures choses qui pourraient m’arriver.

 

Mes listes donnaient ceci:

 

LE PIRE

  • Je découvre que la vie d’entrepreneure n’est pas du tout faite pour moi, après tout
  • Mon projet n’attire pas de clients, j’échoue et je suis obligée de retrouver un emploi en tant que salariée dans une entreprise, comme avant (=marche arrière)
  • Je dépense toutes mes économies plus vite que prévu (investissements, manques de rentrées financières…)
  • Je perds toute ma confiance en moi

 

LE MEILLEUR

  • J’adore organiser mon travail , travailler pour moi-même et voir mes progrès
  • Je rencontre des personnes inspirantes qui m’aident à me lancer et me conseillent, des portes inattendues s’ouvrent à moi
  • Je commence à bien gagner ma vie et je gagne en confiance
  • Je travaille sur des projets super intéressants

 

Au final, dans le pire (du pire) des cas, je devrai chercher un nouveau travail (voire retourner chez mes parents). Dans le meilleur des cas, les récompenses n’avaient rien de comparables. J’avais pris ma décision.

7. Rester réaliste et conscient(e) de ta situation

Toutes les situations son différentes et j’ignore quelle est la tienne, je ne connais pas non plus ta situation économique et familiale. Si le projet que tu veux entreprendre coûte cher, évalue et anticipe tes futures dépenses afin de pouvoir te débrouiller seul(e), sans devoir faire intervenir ton entourage. Fixe toi un objectif financier et travaille/économise jusqu’à ce que tu parviennes à l’atteindre. Si tu veux partir à l’aventure dans un pays de langue étrangère, prends quelques cours de langues pour pouvoir te débrouiller sur place à ton arrivée, renseigne-toi sur le pays et sa politique, parle avec des gens qui sont déjà partis là où tu veux aller et qui ont peut-être même déjà vécu une expérience similaire. En gros, il est essentiel de te préparer au mieux et à tous les niveaux.

 

Claire a finalement décidé de rester encore quelques temps à son ancien boulot pour mettre un maximum d’argent de côté. Elle a mis le cap sur la Louisiane en juin 2013 et a commencé son aventure en tant que prof au mois d’août de la même année, après avoir pris 4 semaines intensives de cours d’anglais sur place. Elle y est toujours 🙂

Et toi ? As-tu déjà été dans une situation similaire ? Quels ont été/quels sont tes meilleurs conseils ? 

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1 Comment
  • Anna Bassano

    9 septembre, 2017 at 14:42 Répondre

    Un article très inspirant! La vie d’entrepreneur n’est pas facile, il y a plein de défis et de jugements; on apprends tous les jours, un pas à la fois. Et pourtant… quelle sensation de liberté quand on fait ce que on aime 🙂 Et cette liberté permet d’adapter son business selon les circonstances de la vie. Merci Charlotte!

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