COMMENT SURMONTER LE SYNDROME DE L'IMPOSTEUR
Comment surmonter le fameux syndrome de l'imposteur quand on se lance et que notre manque d'expérience nous donne l'impression de ne pas être légitime.
Syndrome imposteur, Entrepreneuriat, Activité
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EKKO STUDIO Syndrome Imposteur

Comment surmonter le syndrome de l’imposteur quand on se lance

Parmi les aspirants et les nouveaux entrepreneurs, nombreux sont ceux qui ont l’impression de ne pas être à leur place et de ne pas avoir les compétences nécessaires pour répondre aux besoins de leurs clients. Ils se sentent obligés de devoir camoufler leurs « lacunes » et rencontrent des difficultés à l’heure d’imposer leurs prix. Ce syndrome -très commun- reflète un manque de confiance en soi sur lequel il est totalement possible d’agir et ça, c’est une bonne nouvelle !

« Je suis une fraude et mes clients vont finir par s’en rendre compte ». Voilà ce que je ressentais à chaque fois que je m’apprêtais à proposer mon travail à de nouvelles personnes.

 

 

Pour vous donner un aperçu de ce qui me passait par la tête dans ces moments:

 

 

• « Oui, j’ai passé 3 nuits sur ce projet mais un(e) vrai(e) pro mettrait moins de temps, donc je ne peux pas faire payer ça au client, c’est pas d’sa faute ! » ou « Mon prix est trop cher, le travail n’est quand même pas si compliqué après tout »

 

• « Je ne suis pas encore assez qualifiée, j’hésite à accepter le projet »

 

• « OK, pour cette fois j’accepte de travailler pour 3 fois rien, vous me ferez de la pub » (très dangereux quand tout n’est pas clairement déterminé au préalable avec la personne !)

 

• « Mon prix est de 150 euros (voix plus ou moins ferme)*blanc* Mais si vous voulez on peut négocier… »

 

• « Oui, j’avais dit 3 retouches possibles mais puisque c’est vous, j’en fais une de plus (…à la 14ème retouche) »

 

• …

 

 

Alors, bêtise pure ? En l’écrivant, j’avoue que cela y ressemble franchement et pourtant… Et pourtant je ne suis pas stupide, et pourtant je sais que je suis qualifiée, et pourtant je travaille dur et beaucoup. Malgré tout, ces situations m’arrivent et c’est entièrement de ma faute car je les provoque et les accepte d’une certaine façon.  Par ailleurs, au delà de la frustration et du découragement que de telles situations peuvent engendrer, celles-ci sont parfois à l’origine de malentendus (le client n’avait pas compris ce qui te semblait évident) ou de discussions délicates.

 

 

Exemple:

 

Quand j’ai obtenu mon tout premier client, j’étais euphorico-paniquée (mais surtout euphorique !).

 

 

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Le lendemain, il a été question d’un devis. Un QUOI ? Je n’avais même pas de devis ! Je ne savais pas comment le rédiger et surtout COMBIEN demander (la fameuse question du prix, j’en ferai un article prochainement). Ne me sentant pas assez légitime, j’ai proposé un prix dérisoire et, la collaboration ayant continué par la suite, je suis maintenant « coincée » avec ce même prix que je vais être obligée de renégocier, ce qui est toujours quelque peu gênant pour celles et ceux qui, comme moi, n’apprécient pas particulièrement de parler d’argent.

 

Bien entendu, tout cela est normal puisque quand on commence, on teste et on fait des erreurs. L’important est d’apprendre de celles-ci et d’essayer de se débarrasser de cet encombrant et inutile syndrome de l’imposteur le plus vite possible. J’ai donc rassemblé pour vous quelques éléments qui m’ont aidé et m’aident au quotidien à me rappeler que je suis aussi légitime qu’un(e) autre:

1. Les personnes les plus brillantes, les plus connues et ayant le plus de succès sont toutes passées par là

Emma Watson, Sheryl Sandberg, Maya Angelou, Chris Martin ou encore Denzel Washington (pour ne citer qu’eux) ont tous ce point commun: ils ont ressenti, à des moments de leur vie, un grand sentiment d’imposture. L’actrice américaine Natalie Portman en a même parlé dans un discours à l’occasion d’une remise de diplômes à Harvard en 2015, dans lequel elle disait:

Parfois, vos doutes et votre absence d’expérience pourront vous mener à suivre les attentes, les standards ou les valeurs de quelqu’un, mais vous pouvez exploiter cela pour construire votre propre voie. Une voie sans fardeau, sans savoir comment les choses sont censées être, une voie définie par des raisons qui vous sont propres.

On pourrait aisément penser que des personnes qui ont l’air tellement sûres d’elles et qui sont encensées en permanence possèdent une confiance en elles incommensurable. Si cela est sans doute le cas pour certain(e)s, c’est loin d’être vrai pour tout le monde et la majorité des gens ressentent, plus ou moins souvent, cette impression de n’être qu’une « fraude ». Tu n’es pas le/a seul(e) !

2. Ne pas oublier de s’attribuer le succès que l’on mérite

Même si tu sens que tu n’es pas encore bien loin, tu as pris une décision difficile en te lançant et tu as commencé à avancer sur un chemin magnifique mais semé d’embûches et ça, c’est courageux. Tu as un projet, une idée et tu es prêt(e) à te battre et à tout faire pour que cela fonctionne.

 

Tu tires des enseignements de tes erreurs, tu apprends, tu persévères et tout le positif qui en ressort, réussites et succès, tu ne les dois à personne d’autre qu’à toi-même. On a une fâcheuse tendance à se remettre violemment en question quand les choses ne fonctionnent pas et à oublier de s’auto-féliciter quand tout va bien, va savoir pourquoi.  Il est tout aussi important/primordial/essentiel de savoir reconnaître qu’on a fait du beau boulot et que si on en est là, c’est surtout grâce à nous-même.

3. Se concentrer sur les choses qui importent 

Généralement, quand je doute de mon travail et de mes capacités, je commence à réfléchir et ça n’arrête plus. J’imagine ce que les gens vont penser de moi, que quelqu’un d’autre ferait telle ou telle chose bien mieux que moi, que mes clients vont être mécontents, qu’ils vont me juger et que ça va mal finir.

 

Face à ce sentiment (irrationnel), un bon remède pour moi est d’écrire et de détourner mon attention sur quelque chose de productif susceptible d’aider d’autres personnes dans une situation similaire. C’est principalement pour cette raison que j’ai décidé de commencer ce blog (voir mon article « Pourquoi j’ai commencé un blog »). Écrire sur mes expériences est pour moi une forme de mise en danger très salutaire et dans ce cas-ci, je parle d’un thème que je vis de manière récurrente et qui, je l’espère, trouvera écho chez d’autres. Je concentre mon attention sur quelque chose que j’aime faire: écrire. Cela me permet de canaliser l’énergie du doute et de l’angoisse et de la transformer en quelque chose de créatif, d’utile et de constructif.

4. Créer une « farde à compliments »

Un petit truc simple et efficace que j’aime faire: compiler tous les petits mots, les e-mails et les commentaires de mes clients, amis ou partenaires par rapport à mon travail; ça fait un bien fou à l’ego et ça me rebooste le moral quand je suis dans une phase « frauduleuse ». Savoir que mon travail plait et que les gens sont satisfaits me redonne la pêche. Parfois un petit mot est bêtement ce dont on avait besoin 🙂

5. Éviter de se comparer

Celui-là, j’ai envie de le souligner en rouge 6 fois. Je me compare, trop souvent, aux super-designers sur Instagram, aux pros de Photoshop et à leurs créations hallucinantes, je déprime en comparant mes derniers projets sur Pinterest ou je pleure face au « Best of Behance« . Bien entendu, tout cela ne sert à rien. Se comparer (dans le cadre de son travail ou même de façon générale) rend malheureux et on fini toujours par penser que ce que l’on fait est nul, qu’on est nul(le), que la vie est nulle. FAUX ! Tu ignores tout de la personne que tu observes et de comment elle en est arrivée à te « faire rêver ».

 

Un jour, elle a commencé aussi et il est presque certain qu’elle ne savait pas non plus comment rédiger un devis 😉 Concentre-toi sur TOI et sur ton expérience, ton vécu et ton travail, inspire-toi si tu le souhaites mais ne te sens pas inférieur(e) car tu ne l’es pas, tu es juste à un autre  stade d’apprentissage et tu fais les choses à ta manière. Les gens qui choisiront de travailler avec toi le feront car tu inspires confiance, parce que tu es rigoureux(se) et créatif(ve), parce que tu apportes une valeur particulière, que ta personnalité séduit et que ton talent plait. Je suis profondément convaincue que, bien souvent, la SEULE et UNIQUE personne à convaincre qu’elle a du talent, c’est nous-même.

6. Prendre les choses avec philosophie: le P³ (= le pire du pire du pire)

Dans le pire du pire du pire des cas, ça se passe mal et tu n’atteins pas le résultat escompté (cette fois-ci). Ce n’est pas grave et tu n’es pas nul(le) pour autant. Tout ce que tu vis en tant qu’entrepreneur(e) est nouveau et représente aussi une occasion de se tromper et donc d’apprendre. Tu ne gères pas bien une commande, tu en parles avec le client. C’est embêtant, on est mal à l’aise, on ne sait pas comment aborder le sujet, mais on le fait et dans 99 % des cas, ça se passe bien.

 

Si je suis plutôt du genre à toujours envisager le meilleur, relativiser une situation qui nous fait peur en imaginant les pires résultats possibles permet souvent de voir que les hypothétiques conséquences de la situation « atroce et dramatique » que l’on s’imagine ne sont, en fait, pas si graves (voire pas graves du tout !).

 

NB: Dans 99.9 % des situations, aucune de ces conséquences n’arrivera réellement. Tout ça pour ça.

7. Se rendre compte que personne ne sait réellement ce qu’il fait 

On en a l’impression pourtant mais bien souvent il ne s’agit que d’une illusion.  Au cours de mes stages, de mes rencontrent lors de formations ou en parlant autour de moi, je me suis rendu compte que la plupart du temps, les entrepreneur(e)s essaient: ils tâtonnent, ils tentent, ils font des hypothèses, ils ont un plan (ou pas), ils se lancent et ils improvisent en chemin. Parfois ils échouent et ils recommencent.

 

Il y a beaucoup plus d’improvisation que ce que l’on s’imagine et ce, à tous les niveaux, pour tout le monde. Il y a tellement de facteurs sur lesquels nous n’avons aucune emprise qu’il est impossible de tout prévoir et très souvent, on doit trouver rapidement un plan B et agir en fonction. Le bon entrepreneur s’aura s’adapter et faire croire qu’il gère tout, tout le temps même si, au fond, il ne sait pas réellement ce qu’il fait. Ça fait partie du jeu et, encore une fois, tu n’es pas le(la) seul(e).

8. Passer à l’action

Ça aide beaucoup. Quand on commence à s’imaginer comme une « fraude qui fraudule des projets frauduleusement frauduleux », on se perd dans les méandres de l’abstrait et on peut continuer comme ça pendant des jours. Jusqu’à ce qu’on passe à l’action.

 

Quand je sens que je remets mes compétences en question, je commence à noter des idées de design sur un bout de papier, je fais quelques croquis, voire j’entame carrément le projet. Cela me permet d’avoir un point de départ concret, de matérialiser mes pensées sur papier, de démystifier mes croyances limitantes et de faire taire cette petite voix diabolique qui me dit que je ne suis pas capable.

9.Te souvenir que tu es un(e) expert(e) dans ton domaine

Même s’il est certain qu’on peut (et doit) toujours s’améliorer et se perfectionner et s’il est évident que des personnes qui ont 40 ans d’expérience ont une « longueur d’avance » sur toi qui commences à peine, n’oublie pas que tu en sauras toujours beaucoup plus dans ton domaine que ton client.

 

Les gens font appel à tes services car ils ont des besoins et des envies que tu peux satisfaire grâce à ce que tu sais ici et maintenant. Tous les jours, tu te formes, tu travailles dans le domaine que tu as choisi, tu rencontres des gens, tu lis, apprends et te perfectionnes.

 

Ainsi, sans même t’en rendre compte, tu t’améliores, travailles de plus en plus vite et gagnes en confiance. Tes clients ignorent tout de ce processus, ils ne voient que ton expertise, celle qu’ils ne possèdent pas et dont ils ont besoin, alors fonce et ne te pose pas trop de questions, tu es déjà bien assez et, surtout, tu es LEUR expert(e).

Je m’arrête ici mais si tu as des idées et des conseils pour aider les personnes qui sont dans la même situation que nous, n’hésite pas à les partager en commentaire ci-dessous !

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2 Comments
  • Laurence

    20 janvier, 2018 at 18:56 Répondre

    Je me suis lancée moi aussi il y a un an en auto entrepreneuse free lance avec le méga costume d’imposteur (dit-on imposteuse ?)…..et aujourd’hui j’aide des personnes à trouver un nouveau chemin professionnel et la confiance en soi….Je m’étonne moi-même!! mais j’essaie d’honorer ceux qui croient en moi 😊 . Votre article est excellent, c’est tellement vrai tout ça !

  • Sarah

    27 juin, 2018 at 21:25 Répondre

    Même sans être entrepreneuse, voilà des mots justes pour un sentiment difficile à assumer et pouvant parfois devenir très handicapant dans le quotidien.
    Un article qui fait du bien à lire…et à appliquer!

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